Ce que la maladie change à la maison
La maladie de Huntington est une maladie héréditaire : un parent porteur la transmet à chacun de ses enfants avec une probabilité d'une chance sur deux. L'Inserm estime qu'environ 18 000 personnes sont concernées en France, dont 6 000 ont des symptômes et 12 000 portent la mutation sans symptôme, et que la maladie débute habituellement entre 30 et 50 ans (dossier mis à jour le 16 septembre 2022). Elle évolue sur de nombreuses années.
À la maison, trois choses changent à la fois. Le corps : mouvements involontaires, chutes, fausses routes, amaigrissement malgré de gros besoins en calories. L'organisation : planifier, commencer, enchaîner devient difficile. L'humeur : irritabilité, apathie, dépression, angoisse. Et la famille elle-même est touchée : l'aidant a parfois vu la maladie chez un parent, et se sait ou se croit concerné.
Ce qui aide, et ce qui n'aide pas
Ce qui aide : des repas fréquents et enrichis dans le calme ; des routines stables ; un logement dégagé et protégé ; une communication simple ; l'activité physique et les sorties ; une équipe qui ne prend pas la colère pour elle ; des observations écrites, avec le poids ; et un proche relayé, dont on n'oublie pas qu'il est peut-être lui-même concerné.
Ce qui n'aide pas : presser, discuter, punir ; changer d'intervenant ; servir vite un gros repas dans le bruit ; laisser la personne seule aux moments à risque ; attendre la crise pour parler de protection et d'aides. Nos auxiliaires de vie sont préparés à cela.
Les ressources autour de vous
- Le centre de référence maladies rares pour la maladie de Huntington, rattaché à l'AP-HP et au réseau de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil, suit la maladie et informe les familles.
- L'Association Huntington France propose une écoute psychologique et un accompagnement social gratuits, des groupes de parole et des délégations régionales.
- L'orthophoniste, le kinésithérapeute et le diététicien travaillent la déglutition, l'équilibre et l'alimentation ; nous appliquons leurs conseils au quotidien.
- La PCH avant 60 ans, l'APA après, financent une partie de l'aide humaine ; la consultation de génétique répond aux questions des proches.