
Rubrique : Vivre chez soi
Prévenir les chutes : le tour du logement pièce par pièce
Après 65 ans, une personne sur trois tombe au moins une fois par an, rappelle l'Assurance Maladie. La plupart de ces chutes ont un lieu et une heure : le tapis du couloir, la douche, le lever de la nuit. Ce tour du logement vous dit quoi regarder, quoi changer d'abord, et ce qui ne dépend pas des murs.
- En 2024, plus de 20 000 personnes de 65 ans et plus sont décédées en lien avec une chute, selon Santé publique France.
- La plupart des pièges du logement se corrigent sans travaux : tapis, câbles, éclairage, objets en hauteur.
Pourquoi tombe-t-on chez soi, et pourquoi ce n'est pas une fatalité ?

- Écrit par Équipe éditoriale Youdom Care, rédaction, avec l'aide d'un outil d'écriture sous sa responsabilité
- 7 min de lecture
L'essentiel
- En 2024, plus de 20 000 personnes de 65 ans et plus sont décédées en lien avec une chute, selon Santé publique France.
- La plupart des pièges du logement se corrigent sans travaux : tapis, câbles, éclairage, objets en hauteur.
- La chambre la nuit et la salle de bain sont les deux endroits à traiter en premier.
- Les chaussures, la vue, les médicaments et la marche comptent autant que les murs : on en parle au médecin.
- Après toute chute, même sans blessure, on consulte : une chute en annonce souvent une autre.
Pourquoi tombe-t-on chez soi, et pourquoi ce n'est pas une fatalité ?
Selon Santé publique France, plus de 20 000 personnes de 65 ans et plus sont décédées en lien avec une chute en 2024. Environ 175 000 ont été hospitalisées pour la même raison. L'Assurance Maladie rappelle qu'après 65 ans, une personne sur trois tombe au moins une fois par an.
Mais une chute n'a presque jamais une seule cause. La Haute Autorité de santé (HAS) décrit, depuis 2005, des facteurs qui s'additionnent. L'âge au-delà de 80 ans, une chute antérieure, un trouble de l'équilibre, une vue qui baisse. Plus de quatre médicaments par jour. Et un logement inadapté. Sur le logement, vous pouvez agir dès demain, sans ordonnance et souvent sans dépenser.
On ne transforme pas l'appartement en hôpital. On retire ce qui fait trébucher, on éclaire ce qui est sombre, on met un appui là où la main en cherche déjà un.
Par où commencer le tour du logement ?
Faites-le avec votre proche, pas à sa place. C'est son logement, et chaque objet a une histoire. Un tapis retiré sans demander revient la semaine suivante ; un tapis dont on a parlé ensemble disparaît pour de bon.
Faites-le aussi aux heures où il vit. Le matin, quand les jambes sont raides. Le soir, quand la lumière tombe. La nuit, lumière éteinte, sur le trajet du lit aux toilettes. C'est là que vous verrez les vrais pièges : l'interrupteur trop loin, le seuil que l'on ne voit plus, la chaise qui roule.
Enfin, regardez ses gestes. Où pose-t-il la main pour se lever du fauteuil ? Où glisse-t-il quand il se retourne dans la cuisine ? Les gestes montrent les endroits à sécuriser mieux que n'importe quelle liste. Pour ne rien oublier, emportez notre liste à imprimer, pièce par pièce.
L'entrée, le couloir, le salon et la cuisine : que regarder ?
L'Assurance Maladie résume l'essentiel en quatre gestes. Libérer les passages. Retirer les câbles au sol. Multiplier les points de lumière sur les trajets. Ranger les objets à portée de main, pour ne plus monter sur un escabeau.
Dans l'entrée et le couloir, les tapis sont les premiers coupables. Un bord relevé, un coin qui rebique, et le pied accroche. Il faut les retirer, ou les fixer au sol avec des bandes antidérapantes, comme le recommande le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr.
Dans le salon, la question est le fauteuil. Un siège bas et mou, dont on ne se relève qu'en trois efforts, fait tomber. L'Assurance Maladie conseille des fauteuils hauts avec accoudoirs, ou un rehausseur d'assise. Une lampe que l'on allume sans se lever évite la traversée de la pièce dans le noir.
Dans la cuisine, le risque vient du haut et du bas. En haut, la casserole que l'on n'atteint plus qu'en se hissant. En bas, le sol mouillé et le placard où l'on se penche trop loin. Descendez l'usuel à hauteur de main, et gardez une chaise stable, sans roulettes, pour s'asseoir en épluchant.
La chambre et la nuit : comment sécuriser le lever ?
La nuit concentre les risques : le sommeil encore là, la vessie qui presse, le noir, parfois un somnifère. Le lever nocturne est le trajet à traiter avant tous les autres.
Commencez par le lit. Trop bas, il oblige à se hisser ; trop haut, les pieds ne touchent pas le sol. L'Assurance Maladie recommande de rehausser un lit trop bas et d'installer une barre d'appui à côté. La personne doit pouvoir s'asseoir, pieds à plat, puis se lever en s'aidant d'une main.
Ensuite, la lumière. Une lampe à portée de main, qui s'allume d'un geste. Puis un chemin lumineux jusqu'aux toilettes : des veilleuses qui se déclenchent au passage, que le portail officiel cite parmi les aménagements utiles pour les levers de nuit.
Enfin, le sol et les pieds. Rien sur le trajet : ni descente de lit, ni panier, ni chaussures qui traînent. Des chaussures fermées à côté du lit, plutôt que des chaussons ouverts qui glissent. Le téléphone ou le bouton de téléassistance restent sur la table de nuit.
La salle de bain et les toilettes : que changer en premier ?
C'est la pièce où l'on est nu, mouillé, et souvent seul. La pudeur fait fermer la porte et refuser l'aide.
Dans la douche ou la baignoire, un revêtement antidérapant au fond, d'abord. Puis un siège de douche fixé au mur, pour se laver assis. Et des barres d'appui aux endroits où la main se pose déjà : pour entrer, pour se relever. Pour une baignoire, l'Assurance Maladie cite le marchepied ou la planche de bain. À terme, une douche de plain-pied remplace utilement la baignoire ; ce sont des travaux, et l'on y vient plus bas.
Aux toilettes, un rehausseur qui surélève l'assise de dix à quinze centimètres facilite le lever. Une barre d'appui à côté fait le reste. Pensez aussi à la porte : un verrou que l'on ne peut pas ouvrir de l'extérieur devient un piège si la personne tombe. Le tapis de bain, lui, doit être antidérapant en dessous et sans bord relevé, ou disparaître.
L'escalier, les chaussures, les médicaments : et au-delà des murs ?
Un escalier demande une rampe solide, si possible des deux côtés, de la première à la dernière marche. Des nez de marche antidérapants et contrastés, pour voir où la marche finit. Une lumière qui s'allume en haut comme en bas. Le portail officiel recense ces aménagements parmi ceux qui réduisent le risque de chute.
Mais le logement n'explique pas tout, et la HAS le répète depuis vingt ans : les chaussures, la vue, les médicaments et la marche pèsent autant que les murs. Pour les chaussures, l'Assurance Maladie conseille un talon large et bas, de deux à trois centimètres, une semelle fine, ferme et antidérapante. Les mules et les chaussons ouverts sont à bannir. Pour la marche, trente minutes par jour, ou une gymnastique douce adaptée, entretiennent l'équilibre. Après des chutes répétées, la HAS recommande une kinésithérapie de l'équilibre et de la force.
Reste la question des travaux. La douche de plain-pied, le monte-escalier, le siège mural ont un coût. Selon le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr, MaPrimeAdapt' finance en 2026 jusqu'à 70 % des travaux d'adaptation, dans une limite de 22 000 € hors taxes. Elle s'adresse aux personnes de 70 ans et plus, ou de 60 à 69 ans avec une perte d'autonomie évaluée, sous conditions de ressources. Un ergothérapeute peut évaluer le logement avant de décider ; les centres d'information et de conseil en aides techniques (CICAT) conseillent gratuitement.
Et après une chute, même sans blessure, on consulte. La HAS parle de chutes répétées à partir de deux chutes en douze mois, et demande d'en chercher les causes. Une chute racontée au médecin en évite souvent une autre.
Et concrètement, demain ?
- Faites le tour du logement avec votre proche, à l'heure où il se lève la nuit, lumière éteinte puis allumée.
- Retirez ou fixez les tapis, rangez les câbles, et mettez une lampe qui s'allume d'un geste près du lit.
- Prenez rendez-vous chez le médecin traitant pour parler de la marche, des médicaments et de la vue.
Sources
- Santé publique France, « Chutes » (dossier)santepubliquefrance.frvérifiée le 30 mars 2026 · consultée le 27 septembre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Comment prévenir les chutes des personnes âgées ? »ameli.frvérifiée le 24 décembre 2024 · consultée le 27 septembre 2026
- Haute Autorité de santé, « Prévention des chutes accidentelles chez la personne âgée » (recommandation, 2005)has-sante.frvérifiée le 1 novembre 2005 · consultée le 27 septembre 2026
- Haute Autorité de santé, « Évaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées » (recommandation, 2009)has-sante.frvérifiée le 1 avril 2009 · consultée le 27 septembre 2026
- pour-les-personnes-agees.gouv.fr, « Comment prévenir les chutes chez les personnes âgées ? »pour-les-personnes-agees.gouv.frvérifiée le 9 avril 2026 · consultée le 27 septembre 2026
- pour-les-personnes-agees.gouv.fr, « Les aides financières pour adapter son logement »pour-les-personnes-agees.gouv.frvérifiée le 2 février 2026 · consultée le 27 septembre 2026


