
Rubrique : Vivre chez soi
Sortie d'hospitalisation : la liste de contrôle des 48 heures
Le médecin a dit vendredi. Les deux premiers jours à la maison décident souvent de la suite : un retour préparé évite une nouvelle hospitalisation, un retour improvisé la prépare. Voici ce qu'il faut avoir en main avant de quitter l'hôpital, ce qu'il faut regarder le premier jour et la première nuit, et qui appeler si ça ne va pas.
- La lettre de liaison doit être remise le jour de la sortie : ne partez pas sans elle ni sans les ordonnances expliquées.
- Avant la sortie, le service social de l'hôpital peut enclencher Prado et l'aide au retour à domicile de la caisse de retraite.

- Écrit par Équipe éditoriale Youdom Care, rédaction, avec l'aide d'un outil d'écriture sous sa responsabilité
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L'essentiel
- La lettre de liaison doit être remise le jour de la sortie : ne partez pas sans elle ni sans les ordonnances expliquées.
- Avant la sortie, le service social de l'hôpital peut enclencher Prado et l'aide au retour à domicile de la caisse de retraite.
- Le premier jour : un lit accessible, un chemin dégagé, un repas, les médicaments préparés selon l'ordonnance, quelqu'un pour la première nuit.
- Fièvre, douleur nouvelle, essoufflement, confusion, chute : on appelle le médecin, ou le 15 en urgence, sans attendre le lendemain.
- Le rendez-vous avec le médecin traitant se prend dès le retour, dans la première semaine.
Pourquoi les 48 premières heures comptent-elles autant ?
Parce que tout change en même temps. La personne rentre fatiguée, souvent avec des médicaments nouveaux, parfois avec des consignes qu'elle n'a pas toutes retenues. Le lit n'est plus médicalisé, la sonnette n'existe plus, et la nuit est longue. La Haute Autorité de santé (HAS) a publié sa liste de contrôle de sortie pour une raison précise. Limiter les ruptures de parcours et les réadmissions non programmées.
Ces deux jours demandent d'avoir les bons papiers, un logement préparé, une présence aux bons moments, et de savoir qui appeler. Vous pouvez imprimer et cocher la liste des 48 heures.
Avant de quitter l'hôpital : qu'avez-vous en main ?
Le document le plus important s'appelle la lettre de liaison. Selon service-public.fr, le médecin responsable la rédige à la sortie. Elle contient les éléments utiles à la continuité des soins : synthèse médicale, médicaments prescrits, résultats attendus. La HAS précise qu'elle est remise le jour de la sortie, au besoin dans une version provisoire complétée ensuite. Ne partez pas sans elle.
Vérifiez ensuite, avec le service, les points que la HAS liste elle-même :
- Les ordonnances sont remises et expliquées : quoi, quand, jusqu'à quand, et ce qui a changé.
- Les rendez-vous de suivi sont fixés ou indiqués : médecin traitant, spécialiste, examens à refaire.
- Le médecin traitant et le pharmacien sont informés de la sortie.
- Les professionnels du domicile sont prévenus : infirmier, kinésithérapeute, service d'aide à domicile.
- Le matériel prescrit est commandé et sera livré à temps : lit, déambulateur, siège de douche.
- Le transport est organisé, adapté à l'état de la personne.
- Les objets personnels et les médicaments apportés à l'hôpital sont restitués.
Demandez aussi à rencontrer le service social de l'hôpital. Le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr en fait l'interlocuteur clé : il connaît les aides et peut les enclencher avant la sortie. Deux dispositifs se demandent à ce moment-là, pas après. Prado, le service de retour à domicile de l'Assurance Maladie, est proposé aux personnes de 75 ans et plus, quel que soit le motif d'hospitalisation. Un conseiller rencontre la personne à l'hôpital, recueille son accord et planifie les premiers rendez-vous en ville. Et l'aide au retour à domicile après hospitalisation (ARDH) de la caisse de retraite. Selon l'Assurance retraite, la demande est faite par le service social de l'hôpital, si possible avant la sortie.
Le premier jour : qui est là, et que regarde-t-on ?
Quelqu'un attend la personne au domicile, ou l'accompagne depuis l'hôpital. Le premier trajet, les escaliers, la clé dans la serrure : tout est plus lent et plus fragile qu'avant.
Le logement a été préparé la veille. Le lit est accessible, à bonne hauteur. Le chemin du lit aux toilettes est dégagé, éclairé, sans tapis. Le frigo contient de quoi manger et boire pendant deux jours, et un premier repas simple est prêt. Le matériel livré est installé. Le téléphone est chargé, à portée de main, avec les numéros utiles écrits en gros.
Les médicaments viennent de la pharmacie le jour même, avec l'ordonnance de sortie. Le pharmacien est la bonne personne pour repérer ce qui a changé et ce qui a été arrêté. Si la personne ne peut pas les prendre seule, l'infirmier prépare le pilulier sur prescription. L'aide à domicile peut ensuite aider à la prise de médicaments préparés, dans le cadre légal. Personne d'autre ne modifie une dose.
Le premier jour, on regarde trois choses : la personne boit, elle mange un peu, elle se lève au moins pour aller aux toilettes. On note l'heure des prises et ce que l'on observe dans un cahier que tout le monde pourra lire, y compris l'infirmier.
La première nuit et le deuxième jour : que vérifier ?
La première nuit est souvent la plus difficile. La personne se lève, ne retrouve pas ses repères, et le lever de nuit est le moment où l'on tombe. Si personne ne dort sur place, il faut au moins une lampe qui s'allume d'un geste, un chemin lumineux jusqu'aux toilettes, le téléphone sur la table de nuit et un appel prévu au réveil. Si l'entourage ne peut pas assurer cette nuit, une présence de nuit existe, pour quelques nuits seulement s'il le faut.
Le deuxième jour, on vérifie que la chaîne des soins s'est mise en route. L'infirmier est passé, s'il était prescrit. Le kinésithérapeute a fixé une date. Le rendez-vous avec le médecin traitant est pris : dans le cadre de Prado, le conseiller l'a planifié avant le retour ; sinon, c'est à vous de l'appeler. Les résultats annoncés « en attente » dans la lettre de liaison ont un destinataire connu.
On regarde aussi comment la personne a dormi, si elle a mangé deux fois, si elle a marché un peu dans le logement. La reprise passe par là : remanger, remarcher, à son rythme, sans forcer.
Qui prévenir, et qui appelle qui ?
Écrivez la liste sur une feuille collée près du téléphone, avec les noms et les numéros. Le médecin traitant, qui reçoit la lettre de liaison et coordonne la suite. Le pharmacien, pour toute question sur les médicaments. L'infirmier ou le service de soins infirmiers à domicile (SSIAD), si des soins sont prescrits. Le service d'aide à domicile, avec les horaires convenus. Le service hospitalier, pour les questions liées au séjour. Et une personne de la famille, joignable, qui centralise.
Un cahier de liaison, sur la table, complète la feuille. Chacun y note ce qu'il a vu et fait, avec l'heure. Il évite de tout répéter à chaque visite.
Quelles aides demander, et à quel moment ?
Trois aides se jouent autour de la sortie. Prado organise le suivi médical et peut, selon l'Assurance Maladie, déclencher une aide-ménagère ou un portage de repas en lien avec les services sociaux. L'ARDH de la caisse de retraite finance, pour trois mois au plus et sous conditions de ressources, de l'aide à domicile, des courses livrées, des repas, une téléalarme ou des aides techniques. L'Assurance retraite précise qu'elle n'est pas cumulable avec l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). Enfin, l'APA peut être attribuée en urgence. Selon service-public.fr, un montant forfaitaire de 1 040,16 € (2026) peut être versé provisoirement à domicile, en cas d'urgence médicale ou sociale.
Le bon moment, pour toutes ces aides, est avant la sortie, avec le service social de l'hôpital. Après, le point d'information local ou le CLIC de votre commune prend le relais. Le détail est sur notre page Aides après une hospitalisation.
Et si, au bout de 48 heures, ça ne va pas ?
On ne s'accroche pas au plan. Si la personne ne se lève plus, ne mange plus, ne dort plus, ou si l'entourage n'y arrive pas, on appelle le médecin traitant et on le dit tel quel. Il peut demander un passage infirmier, revoir les médicaments, orienter vers une hospitalisation à domicile (HAD) ou décider d'un retour à l'hôpital. Un retour décidé à temps vaut mieux qu'une chute la nuit suivante.
Si, au contraire, tout se passe bien, on garde le rythme deux semaines encore, puis on allège. Les aides temporaires s'arrêtent au bout de trois mois. Si le besoin d'aide reste, la demande d'APA se prépare pendant ce temps, pas la veille de l'échéance.
Et concrètement, demain ?
- Demandez au service du séjour à quelle heure la sortie est prévue et qui remettra la lettre de liaison et les ordonnances.
- Passez au domicile : lit accessible, tapis retirés, frigo rempli pour deux jours, téléphone chargé près du lit.
- Appelez le cabinet du médecin traitant pour un rendez-vous dans la semaine du retour, et l'infirmier si des soins sont prescrits.
Sources
- Haute Autorité de santé, « Check-list de sortie d'hospitalisation supérieure à 24 h » (2015)has-sante.frvérifiée le 1 février 2015 · consultée le 27 septembre 2026
- Haute Autorité de santé, « Document de sortie d'hospitalisation supérieure à 24 h » (2014)has-sante.frvérifiée le 1 octobre 2014 · consultée le 27 septembre 2026
- service-public.gouv.fr, « Séjour à l'hôpital » (sortie et lettre de liaison)service-public.gouv.frvérifiée le 26 novembre 2025 · consultée le 27 septembre 2026
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Prado, le service de retour à domicile après hospitalisation »ameli.frvérifiée le 19 novembre 2025 · consultée le 27 septembre 2026
- pour-les-personnes-agees.gouv.fr, « Comment organiser sa sortie d'hospitalisation ? »pour-les-personnes-agees.gouv.frvérifiée le 15 janvier 2026 · consultée le 27 septembre 2026
- L'Assurance retraite, « Être aidé temporairement » (aide au retour à domicile après hospitalisation)lassuranceretraite.frconsultée le 27 septembre 2026
- service-public.gouv.fr, « Allocation personnalisée d'autonomie (APA) » (procédure d'urgence)service-public.gouv.frvérifiée le 1 juin 2026 · consultée le 27 septembre 2026


